L’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) suscite de nombreuses interrogations à l’approche de l’âge de la retraite, notamment pour les personnes présentant un taux d’incapacité compris entre 50% et 79%.
Les débats récents autour de la possibilité de maintenir cette aide après 62 ans témoignent de l’importance de garantir la sécurité financière et l’inclusion sociale des bénéficiaires concernés.
Face à l’évolution des dispositifs et aux réponses gouvernementales, il devient essentiel de comprendre les droits, les démarches et les alternatives existantes pour anticiper sereinement ce passage clé de la vie.
Demande d’extension de l’AAH après 62 ans : contexte et enjeux
Face aux limites actuelles de l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH), plusieurs députés ont récemment plaidé pour son maintien au-delà de 62 ans pour les personnes présentant un taux d’incapacité compris entre 50% et 79%.
⚠️ Inégalité dans le maintien de l’allocation aux adultes handicapés (#AAH) après 62 ans !
J’ai interpellé la ministre sur l’exclusion des personnes handicapées avec un taux d’incapacité de 50 à 79 %, pourtant reconnues handicapées, souvent précaires, et sans retraite… pic.twitter.com/GoFz0ahUd7
— Frédéric BOCCALETTI (@Boccaletti83) June 26, 2025
Cette proposition vise à corriger une inégalité persistante, puisque seuls les bénéficiaires avec un taux d’incapacité supérieur ou égal à 80% peuvent actuellement conserver l’AAH jusqu’à 67 ans.
Les élus soulignent l’importance de garantir l’égalité des droits, de soutenir l’insertion sociale et de prévenir l’exclusion des personnes handicapées, dont la capacité de travail reste limitée même après l’âge légal de la retraite. Ce débat met en lumière les enjeux d’équité et de justice sociale pour cette population vulnérable.
Position du gouvernement et cadre légal actuel
Interrogée sur l’éventualité d’un élargissement du maintien de l’AAH après 62 ans, la ministre Charlotte Parmentier-Lecocq a opposé une fin de non-recevoir, invoquant la cohérence avec le cadre légal en vigueur. Depuis la loi de finances 2023, seuls les bénéficiaires affichant un taux d’incapacité d’au moins 80% peuvent conserver l’AAH jusqu’à 67 ans, à condition d’exercer une activité professionnelle à 62 ans.
Pour les personnes dont le taux d’incapacité est compris entre 50% et 79%, la ministre rappelle que la liquidation automatique de la retraite pour inaptitude s’applique dès 62 ans, avec possibilité de solliciter l’ASPA en cas de faibles droits, garantissant ainsi un niveau de ressources équivalent à l’AAH.
Conséquences pour les bénéficiaires de l’AAH entre 50% et 79% d’incapacité
Pour les personnes dont le taux d’incapacité se situe entre 50% et 79%, l’accès à l’AAH repose sur la reconnaissance d’une restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi (RSDAE), attestant de difficultés majeures à travailler.
À l’approche de la retraite, la législation prévoit une liquidation automatique de la pension pour inaptitude dès 62 ans, permettant d’obtenir une retraite à taux plein, indépendamment de la durée de cotisation.
Alternatives et dispositifs complémentaires à la retraite
Pour les bénéficiaires de l’AAH disposant de faibles droits à la retraite, l’ASPA constitue une solution essentielle dès 62 ans. Cette allocation, plafonnée à 1 012,02 € par mois pour une personne seule en 2024, vise à garantir un minimum de ressources équivalent à celui de l’AAH.
Le cumul entre pension de retraite, ASPA et revenus d’activité professionnelle reste possible, sous réserve que le total des ressources ne dépasse pas les plafonds fixés. Les démarches d’accès à l’ASPA s’effectuent auprès de la caisse de retraite, et tout revenu d’activité est pris en compte dans le calcul.
Jean-Luc, 63 ans, travailleur à temps partiel
Ce dispositif permet ainsi d’éviter une chute brutale des revenus à la cessation de l’AAH, tout en encourageant la poursuite d’une activité adaptée.


