Les règles entourant la rénovation énergétique et la location évoluent rapidement, impactant directement propriétaires et locataires.
Entre changements du mode de calcul du DPE, nouvelles obligations légales et ajustements des aides financières, il devient essentiel de bien s’informer pour anticiper les prochaines échéances.
Les récentes annonces modifient la donne pour de nombreux logements, notamment ceux chauffés à l’électricité, tandis que la fermeture temporaire de MaPrimeRénov’ soulève de nouvelles questions sur le financement des travaux. Tour d’horizon des évolutions à connaître pour adapter sa stratégie immobilière et éviter les mauvaises surprises.
Évolution du calcul du DPE et impact sur les logements
À compter du 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique (DPE) connaîtra une refonte majeure en France, avec des conséquences directes pour des centaines de milliers de logements.
Le nouveau mode de calcul valorisera davantage les énergies renouvelables et abaissera le coefficient de conversion de l’électricité de 2,3 à 1,9, s’alignant ainsi sur les standards européens. Cette évolution permettra à environ 750 000 logements chauffés à l’électricité, principalement des appartements, de gagner une classe énergétique.
Marc, 52 ans, propriétaire bailleur
Concrètement, de nombreux biens classés F pourraient passer en E, échappant ainsi à l’interdiction de location prévue en 2028. Ce reclassement représente un soulagement pour de nombreux propriétaires bailleurs concernés.
Modalités de mise à jour et obtention de la nouvelle étiquette DPE
Les propriétaires dont le logement bénéficie d’un meilleur classement grâce au nouveau calcul du DPE n’auront aucune démarche coûteuse à engager, la mise à jour s’effectue gratuitement, sans nouvelle visite d’un diagnostiqueur.
Les DPE réalisés avant 2026 restent valides jusqu’à leur échéance, mais il est possible d’obtenir une attestation officielle de la nouvelle étiquette sur le site de l’Ademe, en saisissant simplement le numéro du DPE existant.
Ce document, téléchargeable en quelques clics, possède la même valeur juridique que le diagnostic initial et peut être utilisé lors d’une vente ou d’une mise en location. Cette simplification administrative vise à sécuriser les transactions et à rassurer propriétaires comme acquéreurs.
Suspension de MaPrimeRénov’ : quelles alternatives pour financer vos travaux ?
Face à la suspension temporaire de MaPrimeRénov’, dont le guichet reste fermé en l’attente du vote du budget 2026, les dossiers déjà déposés continuent toutefois d’être traités. Pour les nouveaux projets, plusieurs dispositifs demeurent accessibles.
L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) permet d’emprunter jusqu’à 50 000 € sans intérêts, sans condition de ressources. La prime CEE, notamment via le « Coup de pouce chauffage », offre des aides variables selon les travaux et les revenus.
De nombreuses collectivités proposent également des subventions locales, à vérifier auprès des mairies ou conseils régionaux. Enfin, la TVA réduite à 5,5 % s’applique toujours sur les travaux de rénovation énergétique, allégeant significativement la facture finale.
Quelles aides restent accessibles malgré la suspension de MaPrimeRénov’ ?
| Dispositif | Montant possible | Conditions principales |
|---|---|---|
| Éco-PTZ | Jusqu’à 50 000 € | Sans condition de ressources |
| Prime CEE | Variable | Selon travaux et revenus |
| Aides locales | Variable | Dépend des collectivités |
| TVA réduite | 5,5 % | Travaux éligibles uniquement |
Calendrier des interdictions de location et conséquences pour les propriétaires
Le calendrier d’interdiction de location des passoires thermiques s’accélère, depuis janvier 2025, les logements classés G sont exclus du marché locatif, soit près de 600 000 biens concernés. En 2028, ce sera au tour des logements classés F, représentant environ 1,5 million d’unités, puis des logements E en 2034.
Les propriétaires qui ne respectent pas ces échéances s’exposent à des amendes pouvant atteindre 15 000 € (personne physique) ou 50 000 € (personne morale). Les locataires disposent de recours pour exiger des travaux ou une baisse de loyer.
Enfin, la valeur des biens non conformes risque de chuter, rendant leur revente ou leur location de plus en plus difficile sur un marché exigeant.
Sanctions et risques financiers en cas de non-conformité
- Jusqu’à 15 000 € d’amende pour un propriétaire particulier
- Jusqu’à 50 000 € pour une personne morale
- Possibilité de recours pour les locataires
- Risque de décote importante lors de la revente
- Difficulté croissante à louer un bien non conforme


